Edgar MAXENCE

(Nantes 1871 - 1954 La Bernerie-en-Retz)

Femme médiévale au missel 

sanguine, craie blanche et noire, aquarelle

44,5 x 34 cm

signé “Edgard Maxence” en bas à gauche


Prix sur demande

c

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Cette femme en méditation est un des sujets favoris d’Edgar Maxence. Ce dessin est à la fois un bel exemple du talent de dessinateur de l’artiste, de son enracinement dans une grande tradition picturale et de l’esprit symboliste qui demeure dans son œuvre tout au long de sa carrière.

Élève de Gustave Moreau, Edgar Maxence participe activement aux Salons de la Rose+Croix organisés par le Sâr Joséphin Péladan entre 1895 et 1897. Il expose ensuite régulièrement au Salon et reçoit les honneurs officiels. Il obtient une médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1900, il est fait chevalier de la Légion d’honneur la même année, puis officier en 1927, il est également élu à l’Institut en 1924. Maxence n’a jamais partagé la vie de bohème de nombreux artistes de sa génération et n’a pas non plus fréquenté les cénacles littéraires d’avant-garde. Au contraire, il menait une carrière mondaine et lucrative de portraitiste tout en poursuivant son œuvre symboliste. Il s’inscrit pleinement dans le mouvement symboliste par son refus du matérialisme et de la représentation anecdotique, privilégiant l’expression d’un mystère spirituel et intérieur. Il puise également dans l’imaginaire des légendes celtiques et du folklore breton pour intégrer du surnaturel et du merveilleux dans ses compositions.

Les femmes en prière peintes ou dessinées comme ici sont un leitmotiv de l’œuvre de Maxence, plusieurs d’entre elles sont conservées dans des collections publiques comme Sérénité, déposé au Musée Sainte-Croix à Poitiers par le musée d’Orsay [1], La Prière bretonne conservée au musée des Beaux-Arts de Brest [2] ou encore L’Heure de la paix, conservé au musée de Montluçon [3]. Fidèle à son esthétique médiévale inspirée par les préraphaélites, la femme est coiffée d’un hennin et la posture s’inspire directement de l’iconographie des Primitifs flamands et des portraits du Quattrocento italien.

Avec ce motif Maxence s’inscrit dans la tradition des œuvres de dévotion des XVe et XVIesiècles. Ces femmes sont souvent placées dans un décor d’intérieur d’église ou dans un paysage inspiré de la baie de Bourgneuf où Maxence habitait une partie de l’année à la Bernerie-en-Retz. Ici, la femme se tient devant une église dont l’architecture pourrait rappeler celle de la chapelle de Prigny située à quelques kilomètres de sa maison. Cette figure féminine témoigne de la quête symboliste de Maxence et sa réflexion sur la perte du sacré, notamment parce qu’il s’agit d’un sujet qu’il a répété à de nombreuses reprises. Sans que l’on puisse la réduire à cette seule interprétation, elle incarne une des grandes thématiques symboliste, la mélancolie d’une spiritualité idéalisée et disparue face au matérialisme du monde moderne.

[1] Peint en 1912, huile sur panneau, 92 x 73 cm ; [2] Peint vers 1923, huile sur toile, 66 x 47 cm ; [3] Peint en 1913, Huile sur panneau, 70 x 54 cm.

Nous remercions chaleureusement le spécialiste de l’artiste, Côme Rombout, pour ses recherches et la rédaction de cette notice.

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Edgar  Maxence, Sérénité. Avant 1912, Huile sur bois. H. 92,0 ; L. 73,0 cm. Achat au Salon, 1912, Musée d’Orsay © droits réservés. 

 

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