École ALLEMANDE de la seconde moitié du XIXe siècle

 

Macbeth et les trois sorcières

huile sur toile

54 × 61 cm ; 88 x 95 cm (cadre)

au verso : porte une étiquette : ‘N°912’ ainsi que le tampon du marchand de couleurs ‘Malerleinwand-Fabrik von A. Schutzmann in München’

dans un cadre en bois noir et doré

2200 euros

Bibliographie

Guy Cogeval et Beatrice Avanzi dir. De la scène au tableau : David, Füssli, Klimt, Moreau, Lautrec, Degas, Vuillard, cat. exp. (Marseille. Musée Cantini. 2009-2010 ; Rovereto. Museo d'arte moderna e contemporanea. 2010 ; Toronto. Art gallery of Ontario. 2010.) Paris, Skira.

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En plein cœur d’un paysage crépusculaire où de hauts arbres aux couleurs plombées sont tourmentés par le vent de la lande, deux cavaliers se font surprendre par des spectres aux voiles flottants, faisant se cabrer leurs chevaux affolés.

Il s’agit de l’apparition des trois sorcières aux généraux Macbeth et Banquo (William Shakespeare, Macbeth, Acte I, scène III) alors qu'ils reviennent victorieux d’une campagne contre les rebelles. Les trois créatures leur annoncent que Macbeth sera roi d’Écosse et que les enfants de Banquo connaîtront le même destin. L’action qui s'ensuit est celle de l’assasinat du roi Duncan par Macbeth et son épouse. Cette dernière le pousse à le poignarder afin que son mari lui succède.

Écrite en 1606, cette tragédie sombre a toujours été entachée d’une réputation sulfureuse. Elle soulève plusieurs questions inhérentes à l’âme humaine, faisant de Macbeth un héros plein d'ambiguïtés : le rapport qu’il entretient avec les sorcières est en réalité celui qu’il entretient avec lui-même. Drame il y a, mais celui-ci est plus psychologique que thématique, car dans la pièce, la prophétie des sorcières n’annonce en aucun cas le meurtre du roi. Macbeth soulève la question du libre arbitre où l’assouvissement d’un désir de grandeur est plus fort que la raison.

Dans l’œuvre que nous vous présentons, la tourmente intérieure de Macbeth et le drame imminent sont annoncés par les prophétesses représentées en nymphes, que nous retrouvons sur la droite. L’une d’elles tient un couteau ensanglanté dans sa main gauche tandis que la seconde est représentée les yeux rouges de possession. 

Au XIXe siècle, Shakespeare tient une place essentielle dans les créations artistiques du romantisme noir, comme chez l’artiste Johann Heinrich Füssli en Angleterre, qui trouve dans ses pièces une source d’inspiration intarissable. En France et en Allemagne, l’engouement pour les thèmes shakespeariens débute en 1815. Eugène Delacroix et Théodore Chassériau s’en emparent, ils dépeignent entre autres Lady Macbeth marchant dans son sommeil, Roméo et Juliette dans le tombeau des Capulets ou encore la même scène que la nôtre (voir ci-dessous).

Largement diffusés en France, ses thèmes sont également très en vogue en Allemagne. Les romans gothiques où figurent chevaliers, fantômes et sorcières passionnent. Cet élan puise son inspiration non seulement dans les pièces du dramaturge anglais, mais également dans les contes des frères Grimm, lesquels ont réinterprété les légendes que nous connaissons tous aujourd’hui.

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Théodore Chassériau , Macbeth et les trois sorcières (Shakespeare, Macbeth acte 1 scène 3), 1855, huile sur bois

© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) /Hervé Lewandowski

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