Céline ANDREASSEN

 

The art of making unusual beautiful

2026

tirage Baryta Hahnemühle 315g

3 tirages 

40 x 60 cm

© Céline Andreassen


Prix sur demande

B

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Nous ne passons pas les portes de cette exposition, non. C’est plus précieux. Ce qu’on nous ouvrira, c’est une petite lucarne. À peine. Un judas. Un petit interstice à nous seul réservé, où déposer le regard d’un seul de nos yeux.

Face à nous, de l’autre côté, ces images sombres et fulgurantes, ces formes taillées dans le flou. Il faudra plisser un peu, sans doute, nous n’embrassons pas toute la toile au premier instant. Mais ce qui s’offre à nous, alors, c’est une autre dimension. Une découverte. Une énigme, à nous seul dévoilée et que l’on s’attarde à déchiffrer. Un secret qu’on nous glisse dans le creux de l’oreille, en deux mots vite recouverts de l’épais bruissement des feuilles, du silence opaque du petit jour, du vacarme de la nuit. Un secret qui affleure lorsque se dérobe ce que l’on croyait reconnaître. Une confidence fugace, qui afflue, et qui reflue. Irrésistible. On ne s’en détache plus. Et son murmure entêtant nous emmène dans cette zone trouble de nous-mêmes où s’entassent nos impressions, précises et indescriptibles. Longtemps, lentement, on contemple. Le temps pourrait se suspendre. 

Puis l’urgence intervient, vive et mordante. Sommes-nous bien censé être là ? Cette silhouette qui se découpe juste devant nous, elle, ignore tout de notre indiscrétion.

Elle qui négocie son existence entre ombre et lumière, avons-nous le droit de nous aventurer dans son antre ? Voyeurs, tricheurs. Arrogants profiteurs des beautés de l’entre-deux monde. Ou bien… sommes-nous de petits êtres fragiles qui épions la grandeur de ce qui va nous engloutir mais ne nous a pas encore repéré ? Tapis à guetter le prochain mouvement de cette fluorescence qui rugit dans la nuit, fébrile et frissonnant devant l’imperceptible progression de l’obscurité qui dévore. Ballet de transferts endiablés auquel prend part notre œil écarquillé. Entre deux battements de cils, deux respirations qui bourdonnent, ce domaine incertain se déploie, et l’on n’est plus tout à fait sûr si le mystère se trouve sous nos yeux ou au-dedans de nous. C’est qu’il a trouvé cette zone intermédiaire, celle de la rencontre.

Claire Guérin.

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