František KUPKA

(Opočno 1871 - 1957 Puteaux)

Fugue à deux couleurs

gravure en couleurs sur papier filigrané ‘Moulin Richard de Bas’
15,5 x 35 cm (à la planche) ; 32 x 51 cm (à la feuille)
signé ‘Kupka’ dans la plaque en bas à droite
signé au tampon à l’encre rouge en bas à droite
daté ‘1913’ en bas à droite

Prix sur demande

Bibliographie

František Kupka 1871-1957, cat. exp., Guggenheim Museum, New York, 1975, no 112, sous le nom « Untitled », p. 205 (reproduit).

František Kupka 1871-1957, ou l’invention de l’abstraction, cat. exp., Musée d'art moderne de la Ville de Paris, 1989, no 179, sous le nom « gravure en couleurs », p. 241 (reproduit).

František Kupka, La Création dans les arts plastiques (1913), Paris, Cercle d’Art, 1989.

En savoir plus

« Je tâtonne encore dans le noir, mais je crois que je peux trouver quelque chose entre la vue et l’ouïe et je peux produire une fugue en couleurs comme Bach l’a fait en musique. »

C’est ce que Kupka confiait en 1913 dans un entretien avec W. Warshawsky pour le New York Times, à l’occasion du Salon d’automne.

Notre gravure au titre musical fait partie de l’hommage pictural de Kupka à l’œuvre de Jean-Sébastien Bach, qui connaît un regain d’intérêt dans le Paris de la Belle Époque. L’artiste s’intéresse au modèle que constitue la création musicale du compositeur baroque et centre sa réflexion sur une notion de synesthésie : dans La Création dans les arts plastiques (1913), il compare à maintes reprises  l’expression plasticienne et celle des arts performatifs tels que la musique, la danse ou la poésie, et notamment les perceptions visuelles et auditives (Paris, Cercle d’Art, rééd. 1989, p. 5). Dans le même ouvrage, il souligne l’analogie entre « le chromatisme en musique et la musicalité des couleurs ». En outre, Kupka affirme que « plus il y a de rythme dans une œuvre plastique, plus elle s’assimile à la musique ».

Notre gravure représente une certaine cadence avec ce « balayage dynamique des rythmes circulaires, les lignes directionnelles et la composition dramatique », et Margit Rowell lui attribue même une dimension « cosmique » (Kupka František 1871-1957, cat. exp., Guggenheim Museum, New York, 1975, p. 205). 

Fugue à deux couleurs appartient à un ensemble de productions qui suivent l’exposition au Salon de 1912 d’une toile monumentale du même titre, aujourd’hui conservée à la Galerie nationale de Prague. Durant cette période, l’artiste axe son travail sur le mouvement – qu’il considère comme un élément moteur dans le processus de création d’œuvres non figuratives[FL1]  – et notamment sur la rotation des formes simples.

Par ses formes circulaires, on note la ressemblance de cette gravure avec l’aquatinte de la même année intitulée Composition abstraite.

Kupka_Amorpha_1912

František Kupka, Amorpha, fugue à deux couleurs, 1912, National Gallery de Prague © National Gallery in Prague 

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